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Fiscalité

Amortissement d’un véhicule de tourisme : la limite de 400 000 DH, en pratique

· 6 min de lecture · Abdessamad Balatif

Une voiture de société ne se déduit pas comme une machine. Le Code général des impôts plafonne ce que l’entreprise peut amortir, et la Loi de Finances 2025 a relevé ce plafond de 300 000 à 400 000 DH TTC, soit 80 000 DH d’annuité déductible au lieu de 60 000. Voici la règle, ses exceptions, et les deux calculs de réintégration qu’il faut savoir poser : en achat direct, et en crédit-bail.

De quoi parle-t-on : le « véhicule de tourisme »

Au sens fiscal, un véhicule de tourisme est une voiture conçue d’abord pour transporter des personnes, dans la limite de 9 places. C’est cette catégorie, et elle seule, que la loi vient encadrer, en amortissement, en redevance de crédit-bail et en TVA.

Quatre usages échappent à la limitation. Ce sont des exceptions d’affectation, pas de carrosserie : c’est l’usage réel qui les déclenche.

  • Les véhicules affectés au transport public.
  • Le transport collectif du personnel de l’entreprise et le transport scolaire.
  • Les véhicules des sociétés de location, affectés conformément à leur objet social.
  • Les ambulances.

La règle : un plafond sur la base, pas sur le taux

L’article 10 du CGI admet en charge les dotations aux amortissements des immobilisations. Pour les véhicules de tourisme, il ajoute un plafond sur la valeur d’origine retenue pour ce calcul. Le taux, lui, ne bouge pas : 20 % par an, sur cinq ans.

Deux conséquences pratiques, souvent mélangées. D’abord, la base est le prix TTC : la TVA sur une voiture de tourisme n’étant pas récupérable, elle fait partie du coût. Ensuite, au-delà du plafond, l’amortissement comptable reste calculé sur le prix réel ; c’est seulement la part excédentaire qui se réintègre extra-comptablement au résultat fiscal.

Avant (CGI 2024)

Valeur d’origine plafonnée à 300 000 DH TTC, soit 60 000 DH d’annuité fiscalement déductible.

Depuis le 1ᵉʳ janvier 2025

Valeur d’origine plafonnée à 400 000 DH TTC, soit 80 000 DH d’annuité déductible, sur cinq ans au maximum.

Le gain est mécanique : 20 000 DH de charge déductible en plus par an et par véhicule concerné, pendant cinq ans. Les contrats de crédit-bail en profitent aussi, la redevance déductible étant calculée à partir de ce même plafond.

Cas 1 : achat direct d’un véhicule à 480 000 DH TTC

Cas pratique

Acquisition au 01/01/2025, amortissement linéaire 20 %

L’amortissement comptable se calcule sur le coût réel TTC, la TVA n’étant pas récupérable.

480 000 × 20 %96 000 DH / an

L’amortissement fiscalement déductible se calcule sur la base plafonnée.

400 000 × 20 %80 000 DH / an

L’écart entre les deux est la part à réintégrer au résultat fiscal (tableau 3 de la liasse).

96 000 − 80 00016 000 DH / an

Sur la durée d’amortissement, ce sont 80 000 DH réintégrés au total, connus d’avance dès la signature du bon de commande.

Cas 2 : le même véhicule en crédit-bail

En leasing, l’entreprise n’inscrit pas le véhicule à l’actif : elle passe une redevance en charge. Le plafond s’applique quand même, par un détour : on reconstitue l’amortissement que le véhicule aurait supporté, et l’excédent vient réduire la redevance déductible.

Cas pratique

Véhicule à 600 000 DH TTC (500 000 DH HT), redevance de 75 000 DH sur la période

Amortissement théorique reconstitué, sur le coût supporté par le bailleur :

500 000 × 20 %100 000 DH / an

Amortissement admis, sur la base plafonnée :

400 000 × 20 %80 000 DH / an

Part excédentaire, à réintégrer au résultat fiscal :

100 000 − 80 00020 000 DH

La redevance réellement déductible s’en trouve diminuée d’autant :

75 000 − 20 00055 000 DH

À noter

La réintégration est extra-comptable : elle ne touche pas les écritures. L’amortissement passe pour son montant réel au journal, et l’écart se retrouve dans le tableau de passage du résultat comptable au résultat fiscal. Une comptabilité qui « corrige » la dotation pour rester dans le plafond fausse la valeur nette comptable et la plus-value de cession qui en découlera.

Ce que ça change dans la tenue du dossier

L’intérêt de connaître le plafond dès l’acquisition, c’est de pouvoir arbitrer avant de signer : entre deux véhicules à 390 000 et 450 000 DH TTC, le second coûte 60 000 DH de plus et n’apporte aucune déduction supplémentaire. Et pour le comptable, la réintégration est un rendez-vous annuel à ne pas manquer : c’est un redressement classique en contrôle.

Dans Mparsio, l’immobilisation porte son plan d’amortissement et l’écart fiscal se retrouve à la clôture, au lieu d’être recalculé de mémoire au moment de la liasse.

Ce qu’il faut retenir

  • Véhicule de tourisme = transport de personnes, 9 places au maximum.
  • Plafond de la valeur d’origine : 400 000 DH TTC depuis le 1ᵉʳ janvier 2025 (300 000 avant).
  • Annuité fiscalement déductible : 80 000 DH, taux inchangé de 20 % sur cinq ans.
  • Base TTC : la TVA sur véhicule de tourisme n’est pas récupérable.
  • En crédit-bail, l’excédent d’amortissement théorique vient réduire la redevance déductible.
  • Transport public, transport collectif du personnel, sociétés de location, ambulances : hors limitation.
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Rédigé parAbdessamad Balatif· Expert-comptableprofil

Sources

  • Code général des impôts, article 10 (charges déductibles) : finances.gov.ma
  • Loi de Finances 2025, texte et notes circulaires sur le portail DGI : tax.gov.ma

Publié par Mparsio, vérifié le 26 août 2026. Cet article informe, il ne conseille pas : les décisions de déclaration et de tenue restent celles de votre expert-comptable ou de votre conseil habituel. Les dispositions citées sont celles en vigueur à cette date ; une loi de finances ultérieure peut les modifier.